«la couleur » Bruno Durand Du 3 septembre au 2 octobre 2021

Bruno Durand – Peintures

(Diplômé de l’Ecole des beaux-arts de Rennes, travaille et vit à Dijon)

Association coordinatrice : Les Amis de l’art contemporain du musée de Vannes

https://www.facebook.com/Galerie-les-Bigotes-243274472742709

 

Peinture sans/sous contrainte

Bruno Durand, écrit des textes sur l’art à mille lieux de la peinture qu’il pratique : textes sur la répétition, sur le protocole dans la peinture (François Morellet, Vera Molnar, etc.). Fin connaisseur de la peinture et collectionneur à ses heures, il peut en parler avec passion. Il est frappant de voir combien sa propre peinture, tout à l’opposé, ne s’embarrasse ni de théorie, ni de système, ni de concept, ni de commentaire. Si les fantômes de son histoire l’animent en sous-main, il n’y a jamais de citation pesante à décrypter, d’analyse sous-jacente (à comprendre avec l’aide d’un médiateur !), de prise en otage du regardeur selon quelque impératif esthétique ou moral. La peinture parle d’elle-même en toute liberté.

Comme dans le jazz, peut-être, une improvisation débridée sur des thèmes récurrents, un bœuf perso.

Comment parler de cette peinture ? Beaucoup de qualificatifs contradictoires viennent à l’esprit : elle peut être tour à tour et simultanément légère, joyeuse, primesautière, enjouée, chantante, pétulante, triomphale, jubilatoire, brouillonne, gribouillée, mal léchée, incohérente, dissonante, désordonnée, gestuelle, insouciante, brillamment exécutée, muette, loquace, aquatique, épaisse, transparente, opaque, criarde, grinçante, intense, atténuée, douce, nuancée, éraillée, rugueuse parfois, cultivée, spectrale, innocente, sans apprêt, sophistiquée, inconsidérée, non préméditée, nuageuse, ciselée, étendue, lisse, hérissée, libre, sous contrainte, improvisée, programmée, unique , sérielle, additive, syntaxique, irrationnelle, délibérée, volontaire, irresponsable, tangible, évanescente, consistante, effilochée, harmonieuse, équilibrée, boiteuse, insolite, ratée ou réussie ou on ne sait pas.

Chez Bruno Durand, l’aquarelle sur papier, où souffle le vent de la liberté, s’est installée en médium maître depuis 2010. Des adjonctions partielles d’encre et de gouache apportent des notes plus brillantes ou plus mates. Travail intimiste, « fait à la maison », qui est resté quasi secret jusqu’en 2018, date à laquelle nous avons forcé la main de l’artiste pour qu’il le montre. À ce jour, plus de onze années d’exercices assidus, de confrontations régulières avec des feuilles blanches de format raisin ou grand jésus, ont permis d’acquérir aisance et dextérité. Le geste s’est fait plus ample, moins calculé peut-être. Cette lente conquête d’une improvisation davantage physique s’est traduite par l’adoption de formats plus grands : double raisin (approximativement) et grand aigle. Mais traduire « aisance » par « improvisation » est sans doute trompeur.

Quand il attaque une peinture, Bruno Durand ne fait pas de dessin. Ce qui tient lieu de composition vient « en cours de route » et c’est en pianotant qu’il trouve le thème. Une structure alors s’impose. Des formes récurrentes sont arrivées : des formes patatoïdes, des stries, des coulures, des rythmes, des ovoïdes, des formes un peu dentées, des nuages, des tiges, des bulles, des nœuds, des réticulations, des grilles, des aplats, des griffures, des tortillons, etc. Dans la production 2021 — dont seule une petite partie est exposée –, on rencontre des zones rectangulaires, des passages de pinceau parallèles, quelques effets de tâches en rehaut, quelques entrelacs ; partout le blanc du papier reste visible.

Un triptyque se remarque d’autant plus que, constitué de formats horizontaux, il occupe une place non négligeable. Un rectangle abricot accroché au haut de la feuille – doublé à gauche –, se positionne à droite ou au milieu, comme si la peinture se disputait avec elle-même, jouait avec et contre son cadre. Le même jeu de variation dans l’emplacement, la dimension, la technique ou la couleur se retrouve avec des parallèles ici brunes, là vertes, ailleurs jaunes. La transparence de certaines, plus larges, contraste avec la densité sombre de bruns plus étroits virant au noir ou au vert. Comme une petite musique avec des phrasés différents construits sur un même accord.

La logorrhée théorique concernant l’œuvre personnelle bannie, cela n’interdit pas d’écrire ! Des formes récurrentes qui ont surgi au fil du pinceau, tout un répertoire a été constitué et, partant de là, un exercice quasi oulipien a consisté pour chaque aquarelle à rédiger un petit texte descriptif « très plat », de dix ou quinze lignes, le plus objectif possible.

Cette écriture, curieusement laconique et distante comme si elle portait sur des œuvres étrangères, est aujourd’hui délaissée.

Demeure la trace que quelque chose de l’ordre de la contrainte plus ou moins systématique anime en sous-main cette peinture. Cette contrainte ne porte ni sur un « outil de travail » (empreinte de pinceau, bandes parallèle…), ni sur un programme existentiel (effacement des chiffres virant au blanc sur blanc jusqu’à la mort…), mais sur un dispositif de production : support papier, format identique, aquarelle modifiée, peinture domestique dans les limites d’une étroite pièce servant de bureau-atelier, maxime implicite de la tâche quotidienne. Boileau disait : « Hâtez-vous lentement ; et, sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage : Polissez-le sans cesse et le repolissez ; Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. » Assiduité et répétition se passent cependant, chez Bruno Durand, de repentir. La peinture est plus ou moins réussie, selon une échelle de valeurs qu’il est difficile de déterminer rationnellement. Si elle tient la route, il ne faut pas pour autant en attribuer le mérite à quelque serendipity. La contrainte de situation a engendré un habitus, une histoire s’est écrite, et l’auto-perception du travail induit désormais un guidage approximatif, des semblants de petits programmes que viennent matérialiser des suites, des cousinages, comme pour ce triptyque évoqué précédemment, qui n’était pas prévu d’avance en tant que tel.

Christian Besson

Peintures de Thierry Lange – expo du 20/07 au 28/08/2021

Thierry Lange 

Artiste autodidacte et polymorphe, installé en Bretagne depuis 2003, Thierry Lange peint depuis plus d’une trentaine d’années. Influencé par Pierre Soulages, Geneviève Asse, Lee Bae, Tal Coat ou Paul Rebeyrolle, le travail de Thierry Lange peut paraitre déroutant et paradoxal, tant il expérimente et recherche. 

Nos corps mondesMarion Le Pennec

L’exposition « Nos-corps mondes » témoigne des perceptions ou Connaissances récoltées ces dernières années, peinture et vie de l’Être étant de plus en plus intimement mêlées, l’une découlant de l’autre et inversement.

L’artiste est, selon moi, là pour manifester ou rendre perceptible l’union amoureuse de l’esprit et de la matière. Comme l’ont dit autrement P. Klee, il s‘agit de « rendre visible l’invisible » ou F.

Picabia « je ne peins pas ce que voient mes yeux, je peins ce que voit mon âme ».

Me sentant très proche des peintres traditionnels chinois, plus particulièrement taoïstes, je suis sensible à l’idée de l’« influx spirituel » et convaincue que le vide intérieur et l’ouverture des sens président à tout acte, en peinture comme dans la vie.

Espérant retrouver la dimension sacrée de la peinture et de l’acte artistique, mon mouvement plonge dans les profondeurs de l’intime pour atteindre ce trésor nommé « Universel » et ainsi parler de ce qui est au-delà -et en deçà- de l’histoire individuelle.

L’œuvre en noir et blanc nous invitant également à glisser derrière le rideau du réel afin d’accéder à l’essence des choses.

Matériau presque « premier », l’encre séculaire contient l’alchimie du feu. En association avec sa partenaire l’eau, elles incarnent les pôles antagonistes -et pourtant complémentaires- du monde.

Ainsi, sur la feuille se joue la danse d’ombres et de lumière du chemin de l’homme sur terre, cette danse, parfois chaotique, de l’esprit-lumière dans le noir-matière.

Plus qu’un matériau, l’encre noire de Chine est un maître parfait. Elle propose une initiation de chaque instant où la maîtrise du peintre naît de sa capacité à se laisser guider par l’énergie des fluides, ceux-là étant la trace visible du Souffle.

L’exposition présentée à la galerie des Bigotes témoigne aussi de l’émerveillement face au Grand Mystère qu’est la Vie et ce, même au cœur d’une « crise » comme celle vécue cette dernière année.

Y sont rassemblées des œuvres qui expriment, et je l’espère, invitent à la perception du Tout, de l’Un, de la complétude que la forme symbolique du cercle représente et qui rappellent la verticalité de l’axe terre-ciel inscrite au cœur de la structuration de l’humain.

Perché sur la trace-souffle, l’arbre toujours se dresse et enseigne, à qui sait écouter son murmure, la voie de l’Être…

« Tourments » Sylvain Le Corre du21 mai au 19 juin 2021


« Tourments »

« Tourments » est une installation convoquant différents médiums comme le dessin, la peinture et la sculpture, dans le but de reconstituer un paysage imaginaire.
Dans le fond d’une vallée, d’un gouffre ou d’une gorge, un ancien lit de rivière fut le théâtre d’un grand chaos, une crue torrentielle chargée des sédiments et de tous les éléments qu’elle aurait charriés dans sa course.

Apparait alors un paysage étrange, où les matières s’entremêlent, s’enchevêtrent, jusqu’à en former de nouvelles.
En géophysique, un phénomène s’y apparente : les laves torrentielles, mélanges d’eau, de sédiments fins, d’éléments rocheux, de blocs parfois énormes, d’arbres, de graviers, qui se déplacent à très grande vitesse.

Métaphore d’un processus de création ou de recherche, cette exposition propose un regard sensible sur la construction d’un paysage, à la fois mentale et tangible.
Sylvain Le Corre

 

https://sylvainlecorre.tumblr.com/

CONSTRUCTIONS expo photo Sébastien Pageot du 16 octobe au 14 novembre 2020

« Constructions »  Sébastien Pageot

À travers plusieurs séries réalisées depuis le début des années 2000, Sébastien Pageot interroge les capacités de la photographie à représenter l’architecture. Echelle, rapport à l’espace, maquettes, surfaces cadrées sont autant d’éléments à partir desquels le dispositif de prise de vue construit des visions d’architectures dans une tension toujours maintenue entre valeur documentaire et valeur fictionnelle de l’image.

Sous le titre générique de « Constructions », ce nouvel accrochage propose une sélection de travaux réalisés aux cours des dernières années, certains lors de résidences, de voyages… qui témoignent d’un goût constant pour la représentation d’espaces et d’architectures.

http://www.cnap.fr/sebastien-pageot

Instagram: sebastien_pageot

 

Le port du masque est obligatoire à l’intérieur de la galerie. Du gel hydroalcoolique est mis à votre disposition et nous vous remercions de respecter les distances de sécurité.

 

Entre deux mondes – Judith Farro – Exposition du 11 septembre au 10 octobre 2020

Née en Turquie, Judith Farro passe sa jeunesse à Tel Aviv, elle y étudie à l’école des Beaux Arts et devient l’assistante du sculpteur Tumarkin, avant d’arriver à Paris à l’ Ecole Supérieure des Beaux

Arts où elle obtient les diplômes de peinture et dessin. Puis les expositions s’enchaînent : Paris, Berlin, Amsterdam New-York, la Suisse, Palma de Majorque, Pont-Aven… l’artiste citoyenne du Monde, et proche de ses problématiques, vit et travaille près de chez nous, à Hennebont, dans la discrétion.

Femme de caractère, Judith Farro nous propose une peinture sans complaisance ni joliesse ; son authenticité nous frappe, la force du geste conduit le propos en évitant toute servilité. La couleur explose, l’écriture personnelle sonne juste. Point besoin de discours !… l’artiste n’est pas une théoricienne mais une sensitive, et si les questionnements de l’époque et de l’art sont au cœur de sa réflexion, elle sait se nourrir à la source des arts premiers qu’elle affectionne.

Pas étonnant alors que le Fonds National d’Art Contemporain ait été conquis par la dimension muséale de son œuvre qui figure par ailleurs dans des collections publiques et privées de par le monde (peinture, gravure, sérigraphie…).

Si la pratique d’une discipline artistique constitue une forme de survie, il n’est pas interdit pour quiconque de se rendre réceptif, d’affûter son regard ou de tendre l’oreille, car ici, l’œuvre est

profondément rythmique et la musicalité bien présente.

Laissons tomber les notices explicatives et laissons-nous porter, car il n’y a rien de plus beau que d’affronter le mystère.

Monique Toupin, Vannes le 28 août 2020

Judith Farro sera présente à la galerie les samedis de 14h à 18h.
Merci aux bénévoles des amis du musée d’assurer les permanences du mardi au vendredi.