Le temps des cerises

(Le contexte historique : La défaite de Napoléon III en 1870 provoque l’encerclement de Paris par les Prussiens. Le siège de Paris dure cinq longs mois, entre septembre 1870 et janvier 1871, cinq mois de combats et de famine où Paris ne capitule pas. Au moment de la signature de l’armistice, le 18 mars 1871, les parisiens refusent de se rendre et l’insurrection éclate, c’est le début de la Commune de Paris. Pendant plus de deux mois les Parisiens vont résister aux assauts des 130.000 soldats déployés par Thiers pour reprendre la ville. La Commune de Paris s’achève dans le sang le 28 mai 1871.)
« Le temps des cerises » c’est pourtant une chanson d’amour.
Cette assimilation s’explique par la coïncidence chronologique qui fait que la semaine sanglante qui marque la fin de la commune se déroule fin mai au moment du temps des cerises. Mais également par les paroles de la chanson : « une plaie ouverte », “de cerises d’amour qui tombent en gouttes de sang”, paroles qui peuvent être une métaphore poétique où les cerises représentent les impacts de balles.

 

 
Le temps des cerises

 

Le temps des cerises

Paroles de Jean-Baptiste Clément / Musique est d’Antoine Renard

Quand nous chanterons le temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur

Mais il est bien court le temps des cerises
Où l’on s’en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d’oreilles
Cerises d’amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendants de corail qu’on cueille en rêvant

Quand vous en serez au temps des cerises
Si vous avez peur des chagrins d’amour
Evitez les belles
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des peines d’amour

J’aimerai toujours le temps des cerises
C’est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte
Et Dame Fortune, en m’étant offerte
Ne pourra jamais fermer ma douleur
J’aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur

Béatrice Bescond, Scortéa, acrylique sur toile. 195 x 97 cm, 2018

Scortéa s’inscrit dans un ensemble de peintures réalisé pour l’exposition « En présence des arbres », au Musée des Beaux Arts de Vannes. Présentée de novembre à mars 2019, l’exposition proposait un dialogue entre deux regards d’artistes, Béatrice Bescond et Jacques Le Brusq, deux démarches incitant à aller au-delà de l’objet pour pénétrer dans l’univers de la peinture.

Cette œuvre témoigne de la démarche de l’artiste et de son mode d’appréhension du visible saisi au cœur de la matière. Un détail du monde végétal, ici l’écorce, se fait fragment, s’abstrait de la totalité à laquelle il participe, pour en manifester cependant sa présence et sa force.

Par-delà l’apparence de l’arbre, il s’agit plus précisément de capter les processus de croissance en œuvre dans la matière végétale et de créer une relation de proximité avec le mouvement vital qui l’anime. Il transparaît ici à travers les méandres de son écorce. Les rythmes des touches et des traces scripturales créent des flux de particules qui se dilatent et se densifient. La texture vibrante, les camaïeux d’ocres jaunes et de rouges qui contrastent avec les bleus profonds entraînent le regard dans un labyrinthe de particules. La surface mouvante et vibrante respire pour donner à voir l’intensité d’un processus de vie.

 

Béatrice Bescond, Scortéa, acrylique sur toile. 195 x 97 cm. 
Copyright obligatoire : © Adagp, Paris, 2018 – Autorisation n° 946537
Collection Musée des Beaux Arts de Vannes , La Cohue, 2019

 

 

 

 

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